mardi 21 février 2017

Arrecife - Fin du voyage

Les vélos sont emballés dans leur carton pour le retour.
Visite d'Arrecife, la capitale de Lanzarote, ville sans charme particulier. On la repère même de loin à cause d'un horrible hôtel d'une dizaine d'étages. Heureusement que César Manrique a lutté pour la préservation de son île car aujourd'hui on verrait probablement d'autres constructions de ce style qui défigureraient le littoral.
Le vieux quartier est peu étendu près du Charco de San Ginés. Ce bassin rempli de petits bateaux de pêche est entouré de bars et restaurants pour touristes. Deux forts furent construits aux XVI°  et XVIII ° siècles pour protéger la ville des pirates et autres corsaires.
Deux rencontres intéressantes : des jeunes qui construisent des châteaux de sable originaux sur la plage et un récupérateur qui fabrique des bateaux avec des bidons. Il veut aussi maintenir une tradition locale :organiser des jeux ou des courses sur l'eau avec ces petits bateaux en tôle.
Nous rentrons en France demain. Un dernier dessin sera posté dans quelques jours. 







Jeu de grands enfants





Récupérateur de bidons
 




lundi 20 février 2017

Le carnaval

Fête traditionnelle attendue aux Canaries, inspiré de celui de Rio de Janeiro. Celui de Tenerife est le plus célèbre mais, à Lanzarote et Fuerteventura, on le célèbre aussi. Il s'étale sur plusieurs semaines, souvent jusqu'à Pâques. Chaque weekend, à partir de mi- février, une ville l'accueille et il défile ainsi sur les villes d'un même canton.
Nous avons été invités à la présentation du carnaval 2017 à Yaiza. Sur le thème librement inspiré de Al Andalus et du "duende" flamenco, des danseurs vêtus de paillettes, tenues légères et colorées, et coiffures éclatantes, nous ont offert un spectacle de carnaval, accompagné d'une batucada qui rythme la danse lorsque le carnaval défile dans les rues.
Notre dernier parcours à vélo passait d'abord par la Geria, région viticole fertile, si surprenante, où chaque pied de vigne est planté dans un énorme trou protégé des vents dominants par des murets de pierre volcanique. Puis nous nous sommes arrêtés au  "Monument au Paysan et à la Fertilité" de César Manrique. L'artiste a recréé des bâtiments inspirés de l'architecture paysanne et au milieu de cet ensemble, un escalier dans une bulle volcanique donne accès à un vaste restaurant souterrain. Le blanc et le vert, couleurs emblématiques de Manrique, sont omniprésents. Une immense sculpture cubiste blanche de 15 mètres de hauteur, constituée de réservoirs d'eau de bateaux, domine le site.



Présentation du carnaval de Yaiza



La Geria



Monument au Paysan et à la Fertilité ( César Manrique)



Site d'inspiration rurale créé par César Manrique



Danses traditionnelles de Lanzarote

dimanche 19 février 2017

El Golfo et ses environs

Retour sur la côte ouest, à El golfo, petit village de pêcheurs adossé à une coulée de lave et fouetté par les rouleaux de l'océan. Les vagues viennent s'écraser sur la roche noire formant des gerbes d'eau éclatantes. Spectacle vivifiant sous les rafales de vent omniprésent. On se sent un peu au bout du monde. La route s'arrête là. Les petites barques de pêche ne s'aventurent pas en mer en cette saison. La houle est trop forte. La pêche ne se pratique qu'en été.
Du village, part un sentier de randonnée de 11 km qui longe l'océan et traverse des champs de lave dans le parc de Timanfaya.
Dans ce village arrivent aussi des cars et des voitures de touristes  pour voir el Charco de los Clicos, une lagune aux eaux vertes dans un ancien cratère envahi par la mer. Cette couleur verte est due à des algues. Il paraît que sa salinité serait supérieure à celle de la Mer Morte. Sur la plage de sable noir on peut trouver de l'olivine.
Tout près, s' étendent les salines de Janubio, les plus importantes de Lanzarote mais dont la production s'est considérablement réduite. Autrefois, leur sel était avant tout utilisé pour la salaison du poisson, pratique en déclin car remplacée par la conservation par le froid. Elles sont classées Espace Naturel Protégé. 







El Golfo



El Charco de los Clicos ou Lagune Verte



Goélands  intéressés




Salines de Janubio









vendredi 17 février 2017

Du sable, du vent, des voitures

Pour retourner à Lanzarote, nous devons reprendre le ferry à Corralejo. La route qui y conduit pourrait être très agréable vu qu'elle longe l'océan, mais elle est abrutissante en raison d'un défilé incessant de voitures et de camions qui nous empêchent d'apprécier le décor. Nous pouvons néanmoins constater les dégâts du bétonnage de la côte : lotissements de résidences touristiques à l'abandon, projets d'appartements inachevés laissant face à la mer des carcasses qui tombent en ruines, barre d'hôtels construits dans le parc naturel de Corralejo. Pourquoi cette  dégradation de la côte? Des promoteurs véreux qui s'approprient des terrains protégés? Contrats juteux avec des entreprises du bâtiment ? Qui sont les gagnants? Qui sont les perdants ?
A l'approche de Corralejo, un nouveau paysage s'offre à nous : des dunes de sable blanc sur des kilomètres. Nous sommes dans le parc naturel de Corralejo. Le bonheur des touristes. Là, on peut se baigner- en fait, les baigneurs sont rares en ce moment -, faire du surf, du windsurf, du kitesurf, marcher ou glisser sur les dunes ou simplement se dorer au soleil. Les plages sont vastes.
Après une traversée de 25 minutes sur une mer calme, nous voilà à nouveau à Lanzarote et c'est encore sous de terribles rafales de vent contraire que nous remontons vers Uga. Heureusement, nous pouvons emprunter une route secondaire où le trafic est moins important et sur laquelle circulent toutes sortes de vélos dont des handbikes.




Projet abandonné

Barre d'hôtels  dans le parc naturel de Corralejo

Départ de Fuerteventura



Dépassée par un handbike


mercredi 15 février 2017

Terre de pierres et de cailloux

Ce matin, piste au milieu de la lave puis route dans un paysage de roches rouges et de cailloux, raviné par l'érosion de la pluie, de vieux murs de pierre qui s'écroulent, vestiges d'une activité agricole disparue. Des moulins à vent en ruines en sont le témoignage. 
Il ne reste ici que la fabrication de fromages de chèvre réputés, la transformation de l'aloe vera cultivé sur de petites surfaces et les cultures vivrières sur des parcelles familiales.
La véritable industrie de l'île est le tourisme qui mobilise de la main d'oeuvre : hôtellerie, restauration, accueil, entretien du linge- ce sont plusieurs tonnes de draps et serviettes lavés chaque jour dans la plus grande laverie de l'île-  vente de souvenirs, agences de location, entretien des véhicules, sans parler de la construction sur laquelle il y aurait beaucoup à dire en matière d'urbanisme. le bétonnage des côtes est entamé malgré certaine prise de conscience d'associations.
Nous avons fait une halte à Antigua et à Tetir où nous avons retrouvé de petites églises aux clochers particuliers. Les places des villages sont toujours mises en valeur par les palmiers  qui se détachent sur les murs blancs. Par contre, dans certains villages, le bureau de poste n'existe pas et quand il y en a un, il fait office de poste nationale (Correos) mais il est aussi au service de transports postaux privés.
Aujourd'hui, quelques petits cols pas trop difficiles à franchir sous un ciel gris qui a fini par libérer la pluie. Heureusement, nous étions arrivés !  



















mardi 14 février 2017

Presqu'en descente

Enfin des cultures et de la végétation dans la vallée qui va de Betancuria à La Vega de Río de Las Palmas : terre rouge, palmiers, éoliennes pour pomper l'eau. C'est l'agriculture traditionnelle : culture en terrasses entourées de murs de terre pour retenir l'eau. Quand il pleut, l'eau inonde ces parcelles. On attend alors que l'eau pénètre la terre et quand l'eau a été absorbée, on sème ou on plante : pommes de terre, maïs, oignons, lentilles, orge, blé.
Après cette belle vallée qui fait penser au Maroc, le paysage redevient aride et pelé dès que l'on franchit le dernier col. Les montées vont disparaître peu à peu, la plaine s'étale et, ça et là, des serres où l'on cultive les tomates. Quel goût ont-elles ces tomates ? Nous n'en avons pas mangé.
Dans les villages traversés, de charmantes petites églises qui ont des airs d'Amérique Latine : porches sculptés, retables colorés assez naïfs, petit clocher attenant.



Palmiers dans la vallée


Cultures en terrasses

Serre

En descendant vers Pájara

Dans l'église de Tuineje

Silence ! On dort !


lundi 13 février 2017

Vers les hauteurs

La tempête est passée. Plus de vent. C'est sous le soleil que nous nous dirigeons vers Betancuria.
Les paysages que nous traversons aujourd'hui sont nouveaux : larges vallées dégagées entourées de volcans datant de plusieurs milliers d'années, sol pierreux de couleur ocre rouge, pas de cultures, murets de pierre entourant de petites parcelles. On ne les voit guère mais une des ressources agricoles de cette région est l'élevage  de la chèvre pour le fromage et la viande.
Nous devons franchir un col avant d'arriver à Betancuria. La route monte en lacets nous donnant le temps d'embrasser le paysage. Mais quelle montée ! Les vélos seraient-ils lourds ? Un petit moteur et une dose d'EPO nous auraient bien aidés. Nous arrivons enfin à Betancuria où nous logeons dans une maison vieille de 600 ans, une des plus anciennes du village.
On imagine difficilement que ce village  de 713 âmes ait pu être la capitale de l'île jusqu'en 1834. Il reste de cette époque une belle église et des rues pavées bordées de demeures anciennes.

La Oliva - Betancuria

Ce n'est pas un régime de bananes mais une fleur d'aloe vera

Moulin à vent restauré

Elevage de chèvres

En montant vers Betancuria

Après le vélo, le pinceau


dimanche 12 février 2017

Vent de Patagonie sur Lanzarote et Fuerteventura

Certains nous ont souhaité "bon vent". Eh bien Eole ne les a  pas entendus. l'alerte orange - ici on dit "jaune"- est toujours en vigueur. Pour aller à Playa Blanca et prendre le bateau pour l'île de Fuerteventura, nous avons dû affronter des rafales  d'au moins 70 km/h. Certaines compagnies pour Fuerteventura avaient même suspendu leur navigation.
Le ferry que nous avons pris a eu bien des difficultés pour accoster dans le port de Playa Blanca. Trop de vent de côté, une amarre qui se casse. Après une tentative infructueuse, il est reparti en mer (nous pensions que la traversée ne se ferait pas)  puis il est revenu, parvenant enfin à accoster après de lentes et longues manoeuvres. La traversée s'est effectuée sur une mer démontée et la compagnie a décidé de suspendre les suivantes.
Arrivés à Corralejo, sur Fuerteventura, nous avons encore dû pédaler avec toujours ce vent violent de côté sur une route fréquentée et en travaux. Bref, nous étions contents d'arriver à La Oliva mais harassés.
Fuerteventura se distingue de Lanzarote par son architecture beaucoup moins homogène et moins harmonieuse : maisons sans véritable style et aux couleurs disparates avec parfois des toits recouverts de tuiles. 
Nous sommes à La Oliva, une petite ville du nord qui fut la capitale de l'île au XIX ͒  siècle mais qui a perdu de sa grandeur. En ce dimanche après-midi, tout est calme. Seuls quelques touristes  donnent un peu d'animation à la place centrale entourée de palmiers aux troncs soigneusement taillés, sur laquelle se dresse une église de style mudejar, avec en toile de fond le cône d'un volcan.
Dans l'unique bar ouvert, quelques villageois regardent un match de football de la ligue qui oppose l'équipe de Tenerife à celle de Valladolid. Vous imaginez quelle équipe ils soutiennent...


Entre Corralejo et La Oliva

Papayes

La Oliva

samedi 11 février 2017

Rencontre avec des dromadaires

Comme le vent souffle en rafales, nous délaissons les vélos pour aller à Yaiza à pied par le sentier des dromadaires qui traverse un champ de lave. C'est le sentier qu'empruntent quotidiennement les dromadaires qui montent jusqu'au parc de Timanfaya pour y balader des touristes pendant un quart d'heure. 
Nous avons croisé une caravane de 40 dromadaires à l'aller et marché avec une autre d'une quinzaine de bêtes au retour. Ce sont des Marocains qui les conduisent. Leur journée commence à 5 H 30 : il faut harnacher les animaux - ne pas oublier la muselière pour que les dromadaires ne mordent pas les touristes- et accompagner la caravane jusqu'au parc ( environ 1 H 30 de trajet). Même chose à partir de 16 H pour le retour.
Yaiza est une charmante petite ville aux maisons blanches dont certaines font penser à celles que l'on rencontre dans les villes coloniales d'Amérique Latine, avec leurs balcons en bois. 
Nous mangeons par hasard dans un restaurant qui fut une acquisition de César Manrique. Il avait acheté cette ancienne propriété qu'il a restaurée en respectant son architecture rurale.




Reconversion de Daniel en chamelier

Au cas où le dromadaire aurait envie de mordre un touriste

Yaiza

vendredi 10 février 2017

Dans la Geria sous la pluie

On nous avait annoncé la pluie. Elle est arrivée ce matin. Elle nous a peu perturbés, par contre, c'est une bénédiction ici pour la campagne. Il fait plus frais, seulement 15 degrés ce matin.
Nous allons jusqu'à Uga, entre averses et éclaircies, en longeant la Geria, une vallée viticole  dans le sable volcanique où chaque cep de vigne est planté en profondeur dans un trou, bien abrité du vent par ces murets de pierre de lave, généralement semi-circulaires, les "zocos", qui donnent un peu de relief au paysage très sombre en cette saison, les ceps étant dénudés. En février, c'est l'époque de la taille de la vigne. 
Uga est une petite ville tranquille qui vit de l'agriculture, du tourisme de passage et un peu de la randonnée.



Arc-en-ciel sur la Geria




Montées et descentes dans le vent

Aujourd'hui, nous sentons la force du vent de nord-est. Heureusement, nous allons dans la bonne direction. Mais, malgré cela, dans une descente, il nous secoue sérieusement: nous nous accrochons aux freins.
 Nous retrouvons les mêmes types de cultures protégées du vent sur des surfaces recouvertes de picón, parfois arrosées au goutte à goutte. A Lanzarote, il n'y a pas de sources. Toute l'eau que l'on trouve dans les maisons est de l'eau de mer désalinisée mais les gens ne la boivent pas. Ils ne consomment que de l'eau en bouteille qui vient d'autres îles des Canaries ou du continent. Pour arroser les champs, ils font livrer l'eau par camions-citernes, eau qu'il faut payer. Il reste l'eau de pluie, très rare, que l'on récupère dans des puits ou des citernes. Pour la récupérer, ils utilisent parfois des cordes posées sur le sol qui guident ainsi l'eau jusqu'à la citerne, ou bien ils forment des sortes de petites rigoles avec des sacs plastique remplis de sable entre lesquels coule l'eau qui va être récupérée. 
Nous descendons peu à peu vers l'océan, cette fois-ci sur la côte ouest. Un arrêt à Teguise nous permet de découvrir le centre historique de l'ancienne capitale de Lanzarote qui attire bon nombre de touristes.
Les rouleaux de l'immense plage de Famara font le bonheur des passionnés de surf ou de windsurf. Les vagues sont impressionnantes. Ce sport ne semble pas être à la portée de tous.
Montée vers le mirador de Haría


Los Valles

Semis manuel du maïs

Teguise - Art naïf

Plage de Famara